11 novembre 2009
Liste de mes bourdes de l'année
Je les ai déjà évoquées en leur temps, mais un petit récapitulatif m'a permis de me rendre compte qu'en quelques mois, j'en avais accumulées :
-monter dans le TGV allant dans le sens opposé au mien et me retrouver au terminus dans une gare dont j'ignore tout. En consultant le panneau d'affichage, je me rends compte que je ne sais absolument pas où je suis.
-prendre la mauvaise valise en sortant du TGV. M'en rendre compte très vite, revenir, en reprendre une autre et soulagée, sortir de la gare. Au moment de mettre la valise dans le coffre de la voiture de ma mère, réaliser que c'est ENCORE la mauvaise valise !
-embarquer par erreur des revues appartenant à la bibliothèque et me faire accuser de vol
02 novembre 2009
des BD
Parlons un peu de BDs... Je n'en achète pas, mais depuis mon adolescence, je traîne à Carrefour ou à la FNAC pour en lire gratuitement, durant mes heures de pause. Virgin met même des fauteuils à disposition. En revanche, à Carrefour, il faut s'asseoir par terre. Mais rien ne me rebute. Je suis désormais au fait de toute la littérature adolescente.
J'ai commencé par Titeuf, ce petit garçon à la mèche blonde, curieux et naïf. Ses boutades m'ont faire rire, la tendresse qui se dégageait des pages m'a émue, ses souffrances enfantines m'ont rappelé les miennes.....
"Il faut que tu écrives une lettre anonyme au nouveau petit ami de Nadia pour lui dire que Nadia n'est pas sympa avec lui, comme ça il la quittera et tu pourras sortir avec elle."
Réponse de Titeuf : "une lettre à Nonim ? Mais c'est qui Nonim ?"
"Quand je serai grand, je me marierai avec Claudia Schiffer."
"Mais elle sera trop vieille !"
"N'importe quoi. Dans onze ans, j'ai l'âge, et si tu multiplies 11 par 7 et que tu divises par 9, tu obtiens 21, donc elle n'aura que 21 ans."
"Elle voudra jamais de toi, tu es trop nul en maths."
Après avoir épuisé le stock, je me suis mise aux Nombrils. Le 4ème tome venait de sortir. J'adore les histoires
d'adolescents qui aident à surmonter les troubles de cet âge délicat. Karine est une fille sympa et équilibrée, dont Dan tombe amoureux. Le problème, ce sont les copines de Karine. Jenny est la plus jolie fille de l'école mais aussi la plus bécasse. Vicky est la deuxième fille plus jolie de l'école, mais elle est cruelle. Adulées par les garçons de l'école mais ne s'attachant à aucun, elles vont s'appliquer à détruire le couple de Dan et Karine. Comment ? Par l'entremise de Mélanie, une nouvelle, jolie et investie dans l'humanitaire, qui devient rapidement la plus populaire de l'école.... Dan quitte Karine pour Mélanie, sur un malentendu, et pour Karine, c'est le début de longues souffrances......
L'humour est présent, les personnages caricaturés mais pas rendus manichéens. Jenny et Vicky sont cruelles au point de faire rire, mais l'auteur n'oublie pas de montrer Vicky sans cesse humiliée par sa soeur aînée et soumise à une forte pression par ses parents bourgeois, ou bien Jenny dont la mère est alcoolique et malade.
Et Karine finit par s'en sortir......
J'ai enchaîné sur Joséphine, de Pénélope Beaujeu, dont je crois avoir déjà vu les dessins sur la toile. Cette fois, on est plus dans le style Bridget Jones : la trentenaire célibataire, qui voudrait ne plus l'être mais a peur de l'engagement ou tombe sur les mauvais garçons. Elle est désordonnée, paresseuse, distraite, râleuse et de mauvaise foi.... Sa famille est bourgeoise, sa mère la supplie de trouver quelqu'un pour qu'il y ait un nombre pair de personnes aux repas de famille, sa soeur est encore plus bourgeoise, casée et mère de famille.... Ses copains refusent de s'engager ou pire... sont mariés.....
J'aime les BD qui mettent en scène notre quotidien, nos errances, nos peurs, nos doutes. Elles nous déculpabilisent de nous planter, de souffrir, de paraître cloche parfois. Elles reproduisent des comportements que nous avons tous eus un jour ou l'autre, à différents moments de notre vie.
Pfff.... j'ai beau être remplie de bonnes résolutions, de discours sur la vie, sur l'échec et les possibilités de s'en relever, mes capacités de travail n'ont pas évolué.... Suis toujours aussi glandouilleuse...... Simulation dans trois jours, et comme la semaine dernière, je ne serais jamais prête à temps.... A moins de ne pas dormir la nuit.... et encore...... Je suis toujours un peu nerveuse à la perspective du grand oral bien que je me sente à même de l'affronter, mais le stress monte. Je me sens plus irritable, plus à même de commettre des erreurs bêtes au quotidien, comme cette lamentable histoire de lundi dernier à la bibliothèque.....
Etre en examens perpétuellement finit par être éprouvant. Depuis juillet, je me sens en révisions intensives. A la fin du mois, je serais déjà délivrée du CRFPA, mais comme je retourne en Master, j'aurai vraisemblablement des partiels en janvier et beaucoup de cours à rattraper...... Les vacances de Noël promettent d'être réjouissantes...... Je reconnais que le travail, les succès et les échecs nous forgent, et que tout ce que j'ai vécu à l'université a contribué à la construction de ma personnalité. Dans un sens, sans m'en rendre compte, je dépasse mes limites au quotidien.... Néanmoins, je me sens lasse... Surtout avec le rhume !
Il faut du temps pour accepter son parcours, identifier ses forces et apprivoiser ses faiblesses. Chaque personne cherche forcément, plus ou moins consciemment, à ressembler à l'image idéale renvoyée par la société. Ou encore, il est difficile de ne pas se comparer à d'autres, qui évoluent plus vite......
Mais après tout, nous sommes des humains avant d'être des curriculum vitae. Après tout, on peut très bien s'accomplir en dehors d'une vie de couple ou familiale, tout en restant disponible aux rencontres...... Et surtout, la roue tourne. Même les plus forts d'entre nous sont amenés à connaître des échecs, professionnels ou sentimentaux. Notre valeur n'en est pas remise en cause et il est inutile de nier la souffrance alors ressentie. Au contraire, il faut la vivre pour pouvoir d'autant mieux rebondir, se relever. Là se révèlent nos vraies compétences. Et au fil du temps, nous apprenons à être en accord avec nos choix, nos activités, à ne plus avoir l'impression d'être là où nous en sommes parce qu'il faut bien en être quelque part..... Tout se met en place peu à peu...
Personnellement, je suis dans une phase d'évolution, dans mes études, dans ma vie personnelle, dans ma confiance en moi-même..... Je pense être en train de grandir. Il y a encore quelques mois, je doutais de mes capacités juridiques, de mon investissement dans le travail, j'avais l'impression de ne pas avoir choisi la bonne orientation depuis la fin de mon Master 2 et j'avais un peu honte de craindre l'entrée sur le marché du travail.
Le fait d'avoir été admissible à l'examen d'entrée à l'école d'avocats m'a beaucoup aidée. Je me suis investie durant la prépa et j'ai évolué en peu de temps, sans pour autant m'empêcher de dormir et en résistant très convenablement au stress. Réussir cette étape, c'était la reconnaissance de mon travail et de mes capacités. D'autres personnes qui pourtant semblaient s'être autant préparées que moi, et qui avaient eu de meilleurs résultats que moi dans leurs années d'études précédentes ont échoué.
Je ne dis pas cela par esprit de revanche ou pour me survaloriser : je n'ai aucun problème avec personne et je suis navrée pour ceux qui n'ont pas réussi. C'est simplement une occasion pour moi de mieux relativiser les succès et les échecs. La roue tourne : en Master 2, c'est moi qui avais du mal, d'autres ont eu des mentions, cette année, je suis admissible, d'autres ne le sont pas.... Mais je me suis relevée de mon échec en M2, les autres rebondiront aussi et seront sûrement admissibles l'année prochaine. Excepté les personnes très brillantes (et encore), nous sommes tous sujets aux incidents de parcours. Nous apprenons au fil du temps à nous en relever.
Bien entendu, j'ai intérêt à ne pas me relâcher. Mes révisions pour le grand oral n'avancent pas toujours au rythme souhaité, bien que je sèche les cours, avec la permission de ma directrice de Master. En ce moment, je lutte avec un gros rhume. Le stress m'atteint, car avant les résultats d'admissibilité, je n'avais pas révisé autant qu'il l'aurait fallu.... Comme d'habitude, tout se met en place à la dernière minute dans ma tête...... Les oraux sont en fait aussi éprouvants que les écrits. Je me décourage un peu. J'ai intérêt à développer ma philosophie de l'échec pour pouvoir accepter l'éventualité de ne pas obtenir le CRFPA alors que je me mets à y croire....... Mais malgré tout, je veux croire que même en cas d'échec, je resterais dans une philosophie positive et que je conserverai la confiance en moi que je viens d'acquérir.
De plus, j'ai réalisé ne pas avoir à être honteuse de mes craintes. Il est normal d'en avoir : l'entrée dans la vie active est un passage délicat, la dernière étape pour grandir. J'ai craint mon entrée à la fac aussi, et finalement maintenant je me sens forte face aux exercices universitaires. Maintenant, j'assume mes craintes, mais je me sens aussi capable de les affronter en temps utile.
J'accepte aussi mieux mes choix : mon inscription à un deuxième Master, par exemple. Certes, je pourrai en profiter pour faire un stage de six mois au lieu de trois mois. Mais malgré tout, je peux maintenant justifier mon choix de manière cohérente et en faire un atout supplémentaire pour la suite de mon parcours. Je préfère avoir épuisé toutes les possibilités en matière d'études avant de quitter l'université, de manière à ne rien regretter. Mon manque relatif d'expérience professionnelle se rattrapera plus tard, en stage de fin d'études, et puis en exerçant.
Je suis quelqu'un qui évolue doucement, dans tous les aspects de ma vie : j'ai vécu une enfance protégée, j'ai mis du temps pour m'émanciper, j'ai eu mes premiers petits amis tardivement... Mais j'ai besoin de ces périodes creuses avant un grand changement. J'entrerai dans la vie active plus tard que d'autres et puis voilà tout !
Question vie privée, la roue tourne également ; j'ai longtemps côtoyé des amis en couple en me disant que la chance, c'était pour les autres. Je n'en étais même plus jalouse mais j'ai parfois été mal dans ma peau à cause de mon éternel célibat. Il faut des expériences pour grandir et à moi, il ne m'arrivait rien. Je m'en satisfaisais comme je le pouvais, en restant consciente que l'épanouissement personnel ne passe pas uniquement par le couple. A ma manière, j'ai lutté contre la dictature de l'amour : "ma pauuuuuuuvre, tu n'as pas de petit ami ?" En même temps, je craignais un peu le fait d'être en couple, l'engagement (relatif) que cela représente....
Désormais, après quelques expériences plus ou moins réussies, il semblerait que mon tour soit venu...... Là encore, je n'ai plus peur. Au contraire, j'ai l'impression d'avoir acquis plus de force, qu'être avec lui relève de l'évidence. C'est exactement cela qu'il me manquait pour m'accepter tout à fait moi-même. Maintenant, je me sens "complète".
Au moins, même si j'échoue au CRFPA, je n'aurais pas perdu l'année...... Pour autant, j'espère conserver une part de non-conformisme, ne pas m'apitoyer devant les célibataires, et surtout garder l'envie de découvertes, de voyages, de lectures et le respect de la liberté.......
28 octobre 2009
Comment acquérir de bonne foi un casier judiciaire
Lundi soir, 19 h 30, bibliothèque universitaire. Je quitte l'endroit précipitamment, traverse les portillons sans y penser et voilà que les sonneries retentissent. Tranquillement, je reviens sur mes pas et montre mon sac au surveillant : "aurais-je volé quelque chose ?" marmonne-je, un brin amusée. Je n'ai jamais rien volé de ma vie et j'ai totalement la conscience tranquille. Mais le surveillant, lui, croit que je parle sérieusement - je ne le comprendrai que par la suite.
Dans mon sac (ô malheur), il y a des revues juridiques appartenant à la bibliothèque.... Je revois mon après midi : une camarade de fac, les revues à la main car elle a photocopié des articles intéressants, qui me demande si je veux les garder pour les photocopier à mon tour. J'accepte, mais je ne le fais pas tout de suite et je continue à travailler. Une amie arrive, je me déplace de table pour la suivre. Ce faisant, j'embarque toutes mes affaires, et les revues se retrouvent par mégarde en dessous de mes cours d'anglais. Elles ont la même taille, le même poids. Par la suite, je me retrouve seule à nouveau et je continue à travailler plusieurs heures. A 19 h 30, j'ai complètement oublié la présence des revues dans mes affaires. Je range mes cours dans mon sac, en me rendant compte de l'heure. Je n'avais pas prévu de rester aussi tard et j'ai hâte de rentrer chez moi. Et voilà... J'ai embarqué les revues en même temps que mes cours.
Je m'excuse, je précise que c'était une erreur, que je suis fatiguée et que je n'ai pas voulu les voler, je les ai mises dans mon sac en même temps que mes cours. Sur le moment, je pense sincèrement que ma bonne foi ne va pas être remise en cause. C'est difficile de comprendre qu'en fait, on se retrouve dans la position de l'accusé.
Le jeune homme se moque de moi, mais je ne comprends pas son ironie. Il s'apprête à me laisser partir sans m'avoir crue, quand une employée arrive. Nous devons avoir le même âge.
"Mademoiselle, votre carte d'étudiante, s'il vous plaît." , m'apostrophe-t-elle, sèchement.
Je m'exécute, sans encore trop réaliser que l'on ne me croit pas du tout. Et en plus, je mets du temps à la trouver. Quand je sors celle de l'année passée simplement pour ne pas les confrondre, la voix de la jeune fille claque :
"Non, ce n'est pas celle là."
Là, je commence à réaliser que je vais devoir me battre.
"La bonne foi est présumée jusqu'à un certain point. J'ai du mal à croire que huit revues se trouvent dans votre sac et que c'est une erreur. On va le noter sur votre carte. A la deuxième fois, cela remonte en commission, et vous pouvez vous faire radier du droit."
L'autre employé renchérit, avec la même ironie que précédemment, mais cette fois, je la comprends :
"Elles sont en ligne, en plus."
Là, je m'explique tranquillement : "elles étaient en dessous de mes cours. On me les a prêtées pour que je les photocopie, ce que je n'ai même pas fait d'ailleurs... Au fur et à mesure de la journée, j'ai rajouté des cours par dessus. Ce soir, je suis partie vite, et j'ai complètement oublié. Je suis stressée, je passe des examens importants dans quelques jours, il est 19 h 30 -un coup d'oeil à la pendule-, je suis là depuis 10 h ce matin, je suis fatiguée... Si j'avais voulu les voler, je m'y serais prise un peu plus intelligemment."
Mais on me répond que certains étudiants commettent des vols flagrants sans tenir compte des portillons qui sonnennt. En clair, mon argument ne tient pas.
Ma patience m'étonne. Selon mon humble avis, je ne pense pas me faire radier du droit pour une bêtise pareille. De plus, être "radiée du droit"', cela n'existe pas. A la limite, je pourrais être radiée du barreau, mais je n'y suis pas encore, de toute façon..... Mais personne ne pourrait m'empêcher d'exercer en entreprise, ce n'est pas un casier judiciaire, quand même.....
Visiblement, la jeunette veut faire du zèle... Je serais tombée sur un employé plus âgé, il aurait plus vite compris. Cela renforce mon horreur des nénettes de 25 ans qui se retrouvent face à des étudiants. Elles en profitent pour imposer leur pouvoir, ça les éclate, et en même temps, elles meurent de trouille, donc elles en deviennent méchantes pour se faire respecter. J'ai connu ça avec les profs de TD. Je préfère, et de loin, les hommes. Ils sont plus calmes, ont davantage d'humour, et ont moins peur. Si j'étais à leur place, je ferais sûrement pareil. Mais ne pas adopter cette attitude est une des raisons pour lesquelles je ne ferai pas d'enseignement, du moins face à des étudiants.
Mais apparemment, la patience paie. Je commence à être comprise. La fille se radoucit et commence à me raconter que cela lui est arrivé à elle aussi, en tant qu'employée de la bibliothèque, un jour où elle était partie précipitamment.
Profitant de l'avantage qu'elle me rend, j'en rajoute : "Ce n'est jamais agréable d'être traitée de voleuse !"
Je n'ai jamais rien volé de ma vie, et sur le moment, je me sens vexée que ma bonne foi ait été remise en cause, ne serait-ce qu'un moment. Passer psychologiquement de la place d'un citoyen ordinaire que l'on respecte en tant que tel à la place d'un accusé ne m'a pas plu, même pour cinq minutes. Je n'avais jamais connu cela avant.....
Elle s'excuse presque, me dit que c'est le règlement, qu'ils sont obligés. Bon, je comprends un peu, ce n'est pas à eux de remettre en question les règles intérieures de la bibliothèque. Quoique la jeune fille reprend d'un air offusqué : "c'est pour montrer aux étudiants que cela ne se passe pas comme ça !" Je la soupçonne d'être un brin sadique pour s'impliquer autant émotionnellement dans les vols commis à l'université, qui entre parenthèses, ne doivent pas être si nombreux que cela (sincèrement, si j'avais voulu voler quelque chose, je serais allée à la librairie voler "le journal de mickey", pas la "gazette juridique" !)
Pas sûre que je remette les pieds à la bibliothèque tout de suite..........
Aujourd'hui, cela fait une semaine que j'ai appris que j'étais admissible à l'examen d'entrée de l'école d'avocats. Je vais donc avoir l'extrême privilège d'affronter le grand oral, cette épreuve reine des examens d'admission. Une heure de préparation, une demi heure de passage, dont un quart d'heure d'exposé et un quart de questions...... Le thème : les libertés publiques et les droits fondamentaux. Le jury : un avocat, un magistrat et un universitaire dont le but est de nous destabiliser. Les candidats sont notés autant sur la forme que sur le fond. Il faut être à l'aise à l'oral, avoir un bon débit de parole et ne pas se laisser destabiliser.
Pff.... tout ça ? Je ne suis pas mal à l'aise à l'oral, mais je suis d'une nature émotive et assez nerveuse, bien que je crois avoir progressé ces dernières années. En Master 2, je me souviens que les oraux ne me procuraient plus la même angoisse que lors de mes premières années de droit. J'ai même affronté un grand oral, dans les mêmes conditions, mais avec trois profs et sur le thème du droit de la concurrence. Je m'en étais d'ailleurs bien sortie.... Mais en fait, pour les élèves moyens, qui ont travaillé mais ne sont pas forcément prêts sur tous les points, ce genre d'oraux, c'est une question de chance........
Je passe le 16 novembre, à 17 h. Pensez à moi ! Mais demain, j'ai une simulation à ma prépa d'été. J'y vais à moitié décontractée, sachant que je suis loin d'être encore prête. C'est excellent pour s'entraîner à l'aisance orale et à affronter un jury, et je pourrais encore plus tester mes facultés de résistance si je n'ai pas le contenu pour m'en sortir la tête haute. Mais malgré tout, je sens que je vais être stressée demain..... Ce n'est jamais agréable de se retrouver ridicule, fautes de connaissances suffisantes, devant des examinateurs pas forcément tendres.
Sinon, dans la dernière moitié du mois de novembre, je vais également devoir subir trois autres petits oraux : finances publiques, procédures civiles d'exécution et droit patrimonial. A côté du grand oral, ce n'est rien, le stress n'est pas le même. Mais il faut les réussir car cela peut permettre de grappiller quelques points, ce qui n'est pas négligeable...... Et je n'ai pas encore commencé à réviser......
Hier, j'ai eu mon épreuve d'anglais qui s'est très bien passée, je pense. J'ai pu replacer du vocabulaire sophistiqué que j'avais appris dans mon commentaire. Manquer de vocabulaire, c'était ma seule petite crainte. Je parle couramment anglais maintenant, mais je ne pratique plus depuis quelques mois, et le vocabulaire s'efface du cerveau au fur et à mesure. Pour le reste, je n'étais pas autrement inquiète : l'épreuve n'était pas difficile, la professeur est très gentille, et je la connais depuis le début de mes études.
Ce n'est que coefficient 1 mais c'est toujours ça de pris !
Je commence à croire à mes chances d'être admise, mais ce serait encore plus cruel d'échouer aux oraux qu'aux écrits. Si je dois échouer, je crois que j'aurais préféré partir avant. L'année prochaine, si je dois retenter ma chance, rien ne m'assure que je serais prise aux écrits. Ou alors, il me faudra refaire une prépa à 2 000 euros le mois. Sans la prépa, je ne pense pas que j'aurais réussi. Je n'ai pas fait l'IEJ toute l'année, et aux épreuves blanches de mai, mes notes étaient dramatiques. M'entraîner tout l'été a tout changé et m'a redonné un brin de confiance en moi.
Pour m'encourager, je me dis que j'en ai vu d'autres tout au long de ma scolarité : j'ai affronté 2 oraux en licence, 4 en maîtrise, 3 petits oraux et un grand oral en master 2, une soutenance de mémoire, quelques exposés, dont un où nous étions filmés, le concours de plaidoiries où j'avais parlé devant le plus grand amphi de la fac. J'ai raté trois oraux : 5 en droit international en maîtrise, 6 en droit de la distribution en Master 2, et 9 en droit international au premier semestre car le prof a passé ses nerfs sur moi (il était tellement beau et tellement gentil en cours et voilà que pour les examens il se met à hurler sur les candidats... si j'avais pu prévoir). J'en ai moyennement réussi deux autres : 12 en droit des sociétés en licence (j'avais appris le cours dans la nuit, suite à une mauvaise organisation, 11 en procédures collectives (les examens s'étaient enchaînés si vite que je n'avais pas pu bien réviser non plus). A chaque fois, les professeurs étaient gentils et légèrement ironiques. Quant aux autres, ils s'étaient bien passés.
A chaque fois, j'ai survécu. Je sais que je peux réussir, et en même temps, j'ai déjà expérimenté l'échec sans y laisser trop de plumes. Ma simulation va m'aider à me préparer, et ce grand oral ne sera, somme toute, qu'une expérience de plus !
06 octobre 2009
Réflexion sur l'essentiel : quelles sont mes ambitions juridiques ? De quoi suis-je capable ? Qu'est ce qui m'intéresse vraiment ?
J'ai des acquis : un Master 2 en droit privé des contrats, la rédaction d'un mémoire loin d'être parfait mais que je peux reprendre avant de le présenter à un employeur. (oui, j'ai eu une illumination un an après !), un stage de trois mois très intéressant et qui m'a fourni des pistes sur mon orientation, dont je pourrai parler avec enthousiasme, la maîtrise de l'anglais courant grâce à mon séjour de trois mois à Londres, et puis la préparation de l'examen d'entrée au CRFPA qui m'a permis d'acquérir de nouvelles connaissances et m'a fait évoluer.
J'ai des faiblesses : mon manque relatif d'expérience professionnelle. Je n'ai effectué qu'un seul et unique stage en cabinet d'avocats droit des personnes, et je ne connais pas encore l'entreprise ou les cabinets d'avocats d'affaires. De plus, je doute terriblement de moi-même, juridiquement parlant. Mon manque de confiance et ma nervosité peuvent me rendre vulnérable en milieu professionnel.
J'ai des qualités et des défauts : en milieu professionnel, je suis attachée à faire bonne impression, et je me comporte de manière sérieuse, en procrastinant moins. Au fil de mes années d'études, j'ai fini par acquérir des connaissances et compétences diverses, et surtout, je suis plutôt à l'aise à l'oral, malgré ma timidité. Mais je suis paresseuse de nature, le travail est un effort pour moi, et mes doutes me paralysent. Je ne me sens pas capable d'être opérationnelle sur le marché du travail.
Ce qui m'intéresse vraiment : je suis une civiliste : le droit des obligations est sans conteste ma matière préférée. J'aime aussi le droit de la famille, même si je ne l'ai pas beaucoup étudié à la fac, à cause de problèmes d'emplois du temps ou d'options. Je l'ai un peu pratiqué en stage et je pense pouvoir m'y remettre par moi même si le besoin s'en faisait sentir professionnellement. Après, j'aime bien de nombreux types de droit : le droit du travail, le droit pénal, le droit de la concurrence, le droit commercial et le droit des affaires en général.
En l'occurrence, je me demande si commencer un master 2 en droit pénal des affaires était judicieux. Je n'apprécie pas le droit pénal plus que cela en fait. Je n'ai jamais été très à l'aise avec le fait de reprendre un Master. Je me suis inscrite dans un moment de doute, puis mon avis a souvent évolué et je ne sais plus très bien où j'en suis.....
18 septembre 2009
Certaines personnes sont pragmatiques et ancrées dans la vie réelle. Pour elles, ce qui compte, c'est de bien gagner sa vie. A cette fin, elles effectuent des études, généralement brillantes, et les arrêtent lorsque cela ne leur semble plus utile pour se lancer à corps perdu sur le marché du travail. Elles s'y investissent coeur et âme. Ces personnes-là sont aussi sensibles, car les sentiments font partie de la vie. Elles cherchent l'amour, le trouvent, s'installent en couple. Elles compatissent aux grandes douleurs des autres et ont suffisamment vécu pour que, dans leur regard, brille une petite flamme de compréhension.
Ces personnes-là ne perdent pas de temps à s'intéresser à des points inutiles au quotidien. L'argument comme quoi "c'est culturel" ne leur suffit pas. Comme elles travaillent dur, elles se détendent durant leurs loisirs et préfèrent se concentrer sur leurs tâches professionnelles. Elles comprennent mal aussi les doutes, les errances, les peurs irrationnelles. Ce sont de vaillants petits soldats qui ont affronté leur peur de passer le permis, les examens, d'entrer sur le marché du travail, de se rendre à des rendez-vous galants. Ces personnes-là sont elles-mêmes, n'admirent pas les autres et ne cherchent pas à leur ressembler.
J'aimerais être ainsi, que la vie me suffise au lieu d'avoir en moi une obscure quête d'absolu. Je fais partie des gens qui apprennent des trucs sans intérêt simplement parce que c'est "culturel", qui s'éparpillent à tenter de TOUT connaître au lieu de se concentrer sur ce qu'on leur demande. J'assume à moitié mon appréhension du monde du travail ou bien ma paresse de passer le permis. Je rêve encore au grand amour.
Comme par hasard, ce que j'aime vraiment, c'est la littérature et le théâtre, des activités qui permettent d'être quelqu'un d'autre...... Mais finalement, je m'aime bien quand même !
Retour à la vie normale
Et voilà, c'est terminé. Le 20 octobre, je saurai si je suis ou non élève avocate. En attendant, retour à la vie normale.... Rêveries, sorties shopping et rendez vous chez l'esthéticienne. Les épreuves se sont convenablement déroulées. J'ai parfois eu des problèmes de gestion du temps, ce qui m'a considérablement énervée contre moi-même. J'ai peut-être raté ma vie à cause de dix misérables petites minutes. Néanmoins, je garde quelques espoirs d'être admise à l'étape supérieure : avoir le droit de tenter de ne pas éclater en sanglots devant trois examinateurs désagréables qui me demanderont quel est le statut du fonctionnaire européen.
Réflexion faite, je ne suis pas si mécontente d'avoir tenté l'expérience de passer cet examen. Bien sûr, j'aurai pu accumuler de l'expérience professionnelle pendant cette année. Mais à l'IEJ, et surtout en prépa, j'ai évolué, juridiquement parlant. Même si j'échoue, je sais que ce ne sera qu'à un cheveu. Je me sens à peu près au niveau. J'ai acquis des connaissances sans bourrage de crâne, je n'ai pas tout fait en une semaine, et j'ose espérer qu'elles resteront dans ma tête plus longtemps que quinze jours. Le programme était intéressant et relativement utile pour entamer une carrière. Je me sens un peu plus en confiance pour me présenter devant un éventuel employeur qui ne manquera pas de m'assommer de questions juridiques. Autant avoir quelques vagues petites notions pour s'en sortir.....
L'année dernière, malgré mon stage, je n'étais pas sûre d'être suffisamment opérationnelle pour le marché du travail. Mon mémoire venait de plomber mon estime de moi-même et par là brouiller les cartes. Mon stage était davantage de l'observation qu'autre chose. Je ne peux pas en tirer une réelle expérience. Puisque je suis à peu près partie pour prolonger mes études d'un an, peut-être au moins que cette fin d'études confortera un regain de confiance.
Ce qui m'ennuie toujours un peu, c'est mon manque relatif d'expérience professionnelle. Si tout se passe comme je le souhaite, je vais obtenir le CRFPA et un deuxième M2, mais je ne me retrouverai pas à nouveau en situation réelle avant mai 2010. Mon dernier stage datera de près de deux ans...... Que faire ? C'est peut-être stupide, mais le fait d'avoir versé 433.33 euros pour m'inscrire à la fac me freine pour me désister.
Autant me dire que, de toute façon, je rattraperai ce manque par la suite.... Et peut-être chercher un stage à mi-temps cette année..... Idée à creuser.....
03 septembre 2009
"Qui est le secrétaire Général de la Justice ?"
Silence complet dans l'amphithéâtre. Les étudiants regardent fixement leurs copies en attendant qu'un de leurs collègues réponde.
"Je n'ai pas parlé assez fort ?" s'enquiert le professeur, narquois. "Ou bien c'est trop intime ? Vous ne voulez pas vous prononcer ?"
Plus tard
"Vous connaissez Foucault ? ... Pas Jean Pierre, Michel. Le philosophe ?"
Même silence embarassé.
"Bon, on a tous la liberté d'arrêter un jour Marc Levy et Guillaume Musso pour se mettre à Michel Foucault. C'est votre choix !"




